
Le J barré, une lettre qui se retourne
Le J barré est le signe de la maison JOUBERT. Franck Joubert l’a dessiné en 2018 : un J, et une barre qui le traverse à mi-hauteur, comme on signe.
Le J barré, deux traits
Deux traits, pas davantage. C’est ce qu’il faut à un signe pour s’embosser dans le cuir sans s’y perdre, tenir sur un cordon, se reconnaître de loin. Un bon signe se refait de mémoire, du bout du doigt, sur une vitre embuée.
Une verticale, une horizontale, et une courbe qui retient le tout par le bas. Certains y voient une ancre. Ils n’ont pas tort.
Le J barré à l’envers
Maintenant, retournez-le.

La courbe passe en haut, et le J devient un f. F comme Franck, J comme Joubert. Le prénom est rangé dans le nom : il suffit d’un demi-tour pour le lire.
Les deux lettres ont le même squelette, une tige, une courbe, une barre. Elles ne se regardaient simplement pas du même côté. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut : la phrase est très ancienne, et elle tient tout entière dans ce signe.
Seule la barre reste où elle est. Tout tourne autour d’elle.
Défaire, refaire
Un maillot entre à l’atelier. On le défait, on sépare ce qui était lié, on garde ce qui compte. Puis on assemble de nouveau, autrement, et un sac en sort.
Défaire, puis refaire : c’est tout le travail, et les anciens n’en décrivaient pas d’autre quand ils parlaient de leur œuvre. La matière ne change pas. C’est son sens qui change.
Le J barré fait la même chose, à sa mesure. Le même trait, une autre lecture.
Ce qui attend d’être lu
Il est embossé dans le cuir des sacs, à l’endroit. La plupart n’y liront qu’une initiale. Ceux qui retournent le sac trouveront la seconde.
Elle n’était pas dissimulée. Elle attendait qu’on la cherche.
Sur cette page
Un dernier détail. Sur ce site, la barre vient seule : la police de la maison a été dessinée pour que le J se barre de lui-même chaque fois que le nom Joubert s’écrit.
Vous venez de le lire plusieurs fois sans y penser.
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